Pour habiter le monde autrement.
Il est des choses innommées. Des manières d’être au monde que la langue française, malgré sa richesse, laisse encore dans l’ombre.
Ce dictionnaire est né de ce manque. Dans un monde qui change plus vite que les mots pour le dire, nommer autrement, c'est déjà voir autrement. Ici, on invente des mots. Chacun peut en proposer. Ils n'existent que par ceux qui les emploient.
13 mots au dictionnaire.
L’être avant l’avoir.
Les mots de ce dictionnaire cherchent moins à désigner des objets qu'à exprimer des sensations, des perceptions et des manières d'habiter le monde.
L’humain avant la machine.
L'intelligence artificielle générative est utilisée : c'est un parti pris. L'outil analyse et suggère mais ne décide pas. La création comme la validation demeurent humaine.
Le mot avant le nom.
Aucun compte. Aucune signature. Aucun auteur ne peut revendiquer un mot comme une propriété. Un mot proposé n'existe que par celles et ceux qui l'emploient.
Collège de France
Séminaire de Baptiste Morizot au Collège de France : quel langage pour penser autrement le vivant ?
3 April 2023
La thèse de Baptiste Morizot : le mot "biodiversité", devenu hégémonique, a fini par bloquer notre capacité à penser le vivant, en réduisant ce qui est actif, organisé et constitutif à une liste d'entités fragiles en attente de notre gestion. Pour changer de projet de société, il faut un langage qui rende au vivant sa puissance réelle : celle qui rend le monde habitable, en nous et hors de nous.
We demain
Les jours d’après : "Nous n'avons plus le droit de continuer à utiliser les mêmes mots."
7 January 2026
Tribune d'Olivier Hamant, biologiste. Sa thèse : nos mots trahissent notre incapacité à penser la crise. Continuer à dire "réchauffement climatique" au lieu de "dérèglement", ou "érosion" au lieu d'"extermination" de la biodiversité, c'est continuer à agir comme si le monde était encore stable et prévisible. Changer les mots n'est pas un acte symbolique. C'est une condition pour changer les décisions.